Actualités · Réglementation · 24 octobre 2026

Flavescence dorée : ce que change le projet d'arrêté 2027

Le ministère de l'Agriculture a soumis à consultation un nouvel arrêté national. Ce qui reste, ce qui change, et pourquoi la précision des cartes va compter.

Du 8 au 30 octobre 2026, le ministère de l'Agriculture a soumis à consultation publique un projet d'arrêté qui remplacerait les règles nationales de lutte contre la flavescence dorée adoptées le 27 avril 2021. Le texte peut encore évoluer. Voici ce que nous en retenons, du point de vue d'un vigneron.

Ce qui ne change pas

L'essentiel du dispositif de 2021 reste en place :

  • la surveillance de toute vigne est obligatoire ;
  • en zone délimitée, tout le vignoble doit être prospecté en cinq ans au plus ;
  • les ceps qui présentent des symptômes doivent être arrachés.

La prospection à pied reste donc la base de la lutte. Elle mobilise chaque automne vignerons, techniciens et bénévoles, à raison de plusieurs heures par hectare.

Ce qui change

Des zones d'enrayement

Le projet intègre les mesures d'enrayement prévues par le règlement européen 2022/1630. Là où l'éradication n'est plus réaliste, comme dans une partie de la Nouvelle-Aquitaine depuis février 2025, la stratégie peut passer de l'éradication à l'enrayement, avec un plan d'action collectif porté par la profession. D'autres régions resteraient en éradication.

Des seuils fixés localement

Depuis 2021, une parcelle entière doit être arrachée lorsque 20 % de ses ceps sont contaminés, en cumulé sur trois campagnes. Le projet prévoit que les seuils d'arrachage et le calendrier des traitements tiennent compte des conditions locales, sous l'autorité du préfet. Un seuil plus bas veut dire un comptage qui doit être plus précis.

Des responsabilités précisées

Le texte clarifie qui surveille quoi, et rappelle que le coût de la surveillance repose sur les détenteurs de vignes. Il met aussi à jour les règles de circulation des plants, à la suite d'une décision du Conseil d'État de juin 2023.

Ce que le drone peut apporter

Face à ces règles, le drone ne pose pas de diagnostic. La confirmation reste au sol et par analyse officielle. Mais il peut aider sur trois points :

  1. Orienter la prospection. Repérer les zones suspectes pour concentrer les heures passées à pied là où il faut regarder. Sur une parcelle de Marselan suivie en 2026, six des huit zones que nous avions désignées avant la prospection étaient plus denses en ceps atteints que la moyenne.
  2. Cartographier un foyer. Quand un texte permet de n'arracher qu'une partie de parcelle, il faut savoir précisément où s'arrête le foyer. Une carte géolocalisée donne cette base.
  3. Garder la mémoire. Le taux se cumule sur trois campagnes. Des vols répétés d'une année sur l'autre permettent de comparer les foyers dans le temps.
Le drone ne remplace pas la prospection. Il dit où aller pour gagner du temps.

Nous cherchons pour 2027 des parcelles où la flavescence dorée démarre, entre 20 et 50 ceps atteints. Si vous êtes vigneron en bio en Provence, écrivez-nous.

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